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Bonjour,
En temps que géologue, je souhaitais simplement rebondir sur un mail d'il y a quelques temps déjà et qui mentionnait les gaz de schistes.
Qu'il soit bien clair que je ne suis pas spécialiste d'exploration/exploitation pétrolière et gazière, mais possède tout de même une formation générale en géologie couvrant ces aspects.
Pour ceux qui ne seraient pas familier avec la chose, en voici une illustration :

Le forage de droite représente une extraction de gaz naturel conventionnelle alors que celui de gauche représente (plutôt mal) le principe de l'exploitation des gaz (et pétroles soit dit en passant) de schistes. Il s'agit donc, pour ce dernier de creuser jusqu'à la roche réservoir verticalement, puis horizontalement sur ~1km. Ensuite, à l'inverse d'un réservoir conventionnel où la porosité est plus grande, il faut littéralement aller chercher les hydrocarbures, d'une part en faisant de la place par fracturation hydraulique et injection de sable et, d'autre part, en injectant des "détergents" (pour faire simple) afin de "détacher" les hydrocarbures de la roche (une image ultra simpliste : vous faites presque la même chose quand vous nettoyez du gras sur une casserole avec du savon).
Ainsi, chaque épisode de fracturation (au cours de la vie d'un forage, il y en a évidemment plusieurs pour augmenter le taux de récupération) c'est plusieurs millions de litres d'eau injectés avec les nombreuses espèces chimiques que je regroupais sous le terme de détergents plus haut et qui comprennent en fait tout un tas de chose : acide pour dissoudre les boues de forage, lubrifiant, agent anti-corrosion, réducteur d’oxygène etc. Il y en aurait au total un bonne centaine identifiable et couvert par le secret industriel pour la plupart. Une partie de l'eau (max 50%) est récupérée.
Le principal problème qui pourrait éventuellement, et vue de ma fenêtre, se poser pour un spéléologue est le suivant : il est très délicat voir impossible de calculer la propagation d'une fracture aussi bien dans l'espace que dans le temps. Les USA et leurs 500.000 puits à gaz de schiste ont quelques beaux exemples de puits privés d'eau potable, de rivières etc. pollués par les produits d'hydrofracturation ou par le gaz naturel lui même (voir par exemple le fameux film Gasland, qui ne montre qu'un côté des choses mais qui le montre bien, je crois).
Tous ceci pour en conclure que si cette ressource était utilisée et cette technique appliquée dans le Sud Est, il y a quelques chances que les plongées à Bourg Saint Andéol nécessitent un jour une tenue HAZMAT.
Vous trouverez, ci-joint, la carte des concessions d'exploration en France.
J'espère ne pas sortir du cadre d'utilisation de cette liste et n'embêter personne.
Cordialement,
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Karim Malamoud
PhD candidate
ISTerre, Grenoble, France
http://isterre.fr/spip.php?page=auteur&id_auteur=272
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