• Récit d'exploaration

    Goul du Pont 2002 Par Xavier Méniscus

    Goul du Pont 2003 Par Xavier Méniscus

    Là-bas au fond

    Plongée d'exploration par -185m en Bi mCCR Joki, Par Xavier Méniscus


    Goul du Pont 2002

    Par Xavier Méniscus

    La résurgence du Goul du pont, est située sur la commune de Bourg St Andéol, dans le quartier de Tourne, à une cinquantaine de mètres d’une deuxième résurgence, le goul de la tannerie. Ces deux sources possèdent le même bassin d’alimentation, le plateau de St Remèze.

    Habitant dans mon enfance à 5 km, je venais visiter ces lieux, lorsque j’étais au collège, et que nous étudiions, en géographie, les plateaux karstiques et leurs résurgences de type Vauclusienne.

    Les dernières explorations du Grd Goul, par l’allemand Joseph Schneider qui atteignit la côte -140m, remontent à 1985 mais depuis plus de 15 ans, aucune plongée n’avait pu se faire, car l’entrée était bouchée par un éboulis. Plusieurs équipes se sont obstinées mais personne n’avait réussir à rouvrir cette résurgence.

    La Désobstruction :

    Nous sommes le mardi 7 mai 2002 et notre association, les Fils d’Ariane, a décidé de profiter du pont de 5 jours de l’Ascension, pour réaliser la désobstruction du Grd Goul. Scaphandrier de profession, je dispose de toutes les compétences techniques et matérielles, pour entreprendre ces travaux. Plusieurs mois avant, j’ai pris contact avec la Maire de Bourg St Andéol, pour obtenir son accord, et aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec les services techniques pour l’installation de notre matériel, qui se compose d’un compresseur de chantier, loué chez LOXAM, d’une suceuse de 150 mm de diamètre, prêtée gracieusement par ma société de travaux subaquatiques O’CAN et d’une benne à déchets, prêtée par la mairie.<o:p> </o:p>  <o:p> </o:p>

    Nous utiliserons des techniques professionnelles, pour l’alimentation du plongeur en air, depuis la surface, avec un narguilé et un casque de plongée. Le plongeur sera relié à la surface par des communications, pour prévenir tout accident avec la suceuse, qui est un engin assez dangereux et qui sera manipulé par des mains non expérimentées ( risque de faire aspirer ou coincer les mains ).

    Ce soir là, avec l’aide de Gaby Hude, Laurent Guillerme et Alain Tesconi, nous installons notre pompe, au fond, et je commence la désobstruction, pendant quelques minutes, pour vérifier si tout fonctionne correctement.

    Le lendemain, mercredi, c’est Gaby qui part à l’eau le premier et commence les travaux. Au bout d’une heure, il m’annonce par radio qu’il vient de boucher la tête d’aspiration en coinçant une grosse pierre à l’intérieur. Il nous faudra 2 heures d’efforts pour la déboucher. Je commence à me dire que cela risque d’être plus long que prévu, car une fois enlevés les petits cailloux, se trouvant sur le dessus, nous trouvons maintenant des pierres plus ou moins grosses qui ne passent plus dans la suceuse.

    L’après-midi, Alain et Laurent réalisent un gros travail, ensemble : l’un en aspirant, l’autre en déplaçant les grosses pierres. Puis le soir, c’est à mon tour de descendre et je réalise l’ampleur de la tâche qui nous attends, en voyant tous ces enrochements au fond et la visibilité qui a considérablement diminué ( 50 cm )

    Le jeudi, je retourne au fond le premier, avec l’aide de Laurent Ylla. L’eau s’est à nouveau éclaircie et je retrouve le moral, car avec une vue d’ensemble, je réalise que nous sommes proches de réussir. Pendant 3 heures, nous déplaçons et pompons les cailloux. Une ouverture de 20 cm commence à se former et une galerie apparaît derrière.

    Puis c’est au tour de David Bianzani de continuer, et au bout d’une heure il m’annonce à la radio que le passage est assez grand pour pouvoir faire passer un plongeur. Dans la foulée, je m’équipe d’un bi 9 litres et me jette à l’eau. Une fois au fond, je passe mes pieds puis mon corps par l’ouverture et à l’aide de ma pelle US, fais descendre les cailloux dans la galerie, en les disposant sur le côté, pendant que David continue le pompage. Une fois l’ouverture assez grande, je ne retiens plus mon excitation, et je pars dans la galerie. Une très grande joie m’envahit de pourvoir palmer dans un lieu qui n’a plus vu de plongeur depuis 17 ans. Le fil est toujours en place, la roche est plutôt sombre et un dépôt de poussière se soulève à mon passage. Je fais 60m dans une galerie de 1.50m par 2m, et je m’arrête par -18m sur un puits vertical, devant la crépine d’aspiration qui aspire l’eau et la rejette au-dessus, sur le côté gauche de la vasque. Je fais très vite demi-tour et je remonte à la surface pour annoncer la bonne nouvelle aux copains. Nous passerons l’après-midi à stabiliser la trémie, sur le dessus. Maintenant un plongeur en gros scaphandre peu passer sans difficulté par l’étroiture.

    Le soir, je prends sur le dos mon bi 18 et je pars m’enfoncer dans les entrailles du Grd Goul. J’arrive très vite au puits où je me suis arrêté ce matin, et j’attaque ma descente. A -30m, la galerie se redresse à 45° et continue jusqu’à une petite salle et un palier à -52m. Lors de ma descente, une impression de joie et, en même temps, d’inquiétude se mêlent. Je ne me sens pas très à l’aise dans cet endroit qui m’est inconnu. Mais le plaisir de la découverte l’emporte et je continue ma descente dans un puits qui s’arrête sur un lit de cailloux et un passage étroit par -60m. Je poursuis un peu dans une galerie qui continue en pente douce. Le fil, ou plutôt la câblette, est toujours là, parfois coupée, et je réalise vite que, pris par l’enthousiasme, je me suis aventuré un peu trop loin. Je fais aussitôt demi-tour, et je commence ma remontée, non sans m’être trompé de chemin. Je reprends vite mes esprits, après une petite poussée d’adrénaline. Sur le retour, la visibilité est réduite par mes bulles qui décollent la fine poussière des parois. Je fais très vite surface et nous arrêtons nos plongées, pour aujourd’hui.

    Le vendredi matin, nous nous occupons de nettoyer la vasque, de sortir le matériel de l’eau et le ranger. L’après-midi, David et moi commençons à installer un nouveau fil jusqu’à -60m, derrière le passage étroit, et nettoyer l’ancien. Je commence maintenant à me sentir un peu plus à l’aise en plongée à l’intérieur.

    Un total de 15m3 de cailloux seront évacués, plus 20m3 d’enrochements seront déplacés dans la trémie pour ouvrir et sécurisé le passage.

    Le samedi, je fais une plongée à -50m, avec Pierre Rousset, le directeur de la société O’CAN, qui est venu chercher la suceuse, pour la ramener à l’atelier.

     

    Les Plongées d’exploration :<o:p> </o:p>

    Dimanche 12/05/2002<o:p> </o:p>

    Nous nous retrouvons ce matin avec David Bianzani, Laurent Ylla, Laurent Guillerme, Philippe Moya et Yves Billaud pour réaliser une plongée trimix de rééquipement pour Xavier, une vidéo sous-marine pour David, le nettoyage de l’ancien fil, et une étude archéologique rapide pour Yves.

    près avoir installé la ligne de déco, David part avec moi, la caméra à la main. La visibilité est très bonne et je descends la trémie pour franchir aisément avec mes 2 gros relais et mon bi 20, le passage qui conduit dans la galerie horizontale. Arrivé en haut du puits, je stoppe quelques instants, et nous en profitons pour faire quelques images. 

    Puis j’attaque ma descente. Maintenant, connaissant les lieux, j’évolue avec facilité en appréciant de plus en plus la cavité. Je m’arrête sur le palier à -52m pour déposer mes deux relais et je repars aussitôt pour emprunter le passage étroit, en contre bas, et rabouter mon fil que nous avions laissé là auparavant. David, resté derrière, filmera mon départ pour la zone profonde, puis remontera. Je continue à descendre avec mon dévidoir à la main. Je respire un mélange à base d’hélium, pour garder les idées claires, et j’enchaîne une succession de petits puits, avec des virages à 180° qui se négocient difficilement avec mon gros scaphandre sur le dos. Me voilà maintenant dans une galerie ( 1,20m x 2m ) par -80m de profondeur. Sur le sol, de nombreux vieux fils rendent ma progression délicate. Je déroule 30m et tombe devant un nouveau puits vertical. Je le sonde avec mes puissants éclairages. Malgré une visibilité de plus de 20m, je ne distingue pas le fond. Je regarde mes instruments : tout va bien. J’accroche le fil sur un becquet rocheux et je continue ma descende. Par -86m, je passe devant une petite galerie, mais trop étroite pour m’y glisser. J’arrête ma descente à la profondeur -101m pour couper mon fil à la côte 210m et accrocher un plomb au bout. Je sonde rapidement mon environnement avec mes phares. Le diamètre est de 2,50m sur une pente de 80° et je distingue 10m plus bas des pierres et le départ d’une nouvelle galerie. Il est temps de remonter.

    Une fois en haut, à -78m, je trouve une autre petite galerie qui part sur la droite, mais je n’ai pas le temps de l’explorer. Je retrouve David avec sa caméra et Laurent Y., lorsque je commence mes paliers vers -30m. Il était convenu qu’ils m’attendent pour recueillir mes premières impressions sur cette exploration, et récupérer mes bouteilles de déco. Puis suivront Laurent G. et Philippe qui réaliseront un gros travail de nettoyage de la vieille câblette.


    Nous finirons la soirée, par un bon repas à la maison, en regardant la très belle vidéo que David a filmée.

    Dimanche 19/05/2002

    Une très grosse journée nous attend. Nous réaliserons 2 plongées au mélange, une vidéo jusqu’à -80m et une topographie jusqu’à -40m. J’ai invité beaucoup de monde, pour fêter la réouverture du Grd Goul, et notre président, Claude Touloumdjian, nous fera l’honneur de sa présence.

    Tout d’abord, c’est Jean Marc Belin qui mettra en place mes bouteilles de déco jusqu’à -52m avec l’aide de Frank Vasseur qui fera une topographie de la cavité jusqu’à -40m. Puis je demanderai à Frank de prendre le poste de directeur de plongée, et je commence à m’équiper avec David, qui descendra avec moi dans la galerie profonde, pour filmer.

    La descente est rapide, toujours un peu difficile de passer les chicanes vers -70m avec en plus des relais avec moi. Je pense à David qui doit passer avec sa caméra, tout en continuant à filmer. J’arrive très vite au bout de mon fil, à -101m, après avoir déposé 2 relais à -80m. David filmera mon départ dans le puits, puis remontera. A l’aide d’un mousqueton, j’accroche mon dévidoir, et je poursuis ma descente. Plus bas, vers -110m, j’accroche mon fil sur un tas de pierres, me retourne, et je continue dans une galerie horizontale de 25m de long, en forme de triangle.

    En bout, un nouveau puits m’amènera à -120m. Je ne trouve rien pour amarrer mon fil, alors je sors le plomb, récupéré plus haut, de ma poche et j’accroche mon fil. Une fois attaché, je fais demi-tour sur moi-même et regarde la galerie profonde que Joseph Schneider, mon prédécesseur, avait décrite. La profondeur ne correspond pas tout à fait, il me manque 5m sur mon profondimètre, mais il n’y a aucun doute, c’est bien elle. Nos efforts commencent à être récompensés. Mais une mauvaise disposition de mon équipement, me font renoncer à poursuivre plus loin, et, par prudence, je préfère remonter, malgré une importante réserve de gaz restant sur mon dorsal. 

    A -78m je retrouve mes bouteilles relais, pour respirer un mélange plus riche en oxygène. Puis vers -51m, je change à nouveau de mélange respiratoire, et je commence mes paliers. Très vite, je retrouve mon premier plongeur d’assistance, Benoît Poinard, venu prendre les infos, et récupérer mes bouteilles inutiles. Je lui demande d’abord comment va David, et par un signe OK de la main, il me rassure et je commence à lui écrire mes paramètres sur une ardoise, qu’il remontera en surface. Tout au long de mes 2 heures de paliers, se succéderons Laurent Ylla, Laurent Tarazona, Jean Claude Pinna, puis Claude Huret, qui malgré nos recommandations, descendra à -80m à l’air, dans une visibilité réduite. Pendant mes paliers, défileront en permanence les images de ma descente et de la galerie profonde. Mais, je rage sur la disposition de mon équipement au fond. Il y avait trop de monde sur cette plongée, et par un manque de concentration, j’ai du faire demi-tour plus tôt que prévu. La prochaine fois, je plongerai avec une équipe plus intime.

    Après 2 heures 30 d’immersion, je refais surface et je trouve un nombre important de badeaux ainsi que quelques amis, venus voir ce spectacle peu habituel, d’homme grenouille, plongeant dans des sources. Je m’isole un peu, avec mes amis plongeurs, pour leur faire partager ma plongée, en répondant à leurs questions, tout en rangeant notre volumineux matériel.

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    Dimanche 02/06/2002

    Frank Vasseur, avec l’aide de David Bianzani, Laurent Ylla, Jean Pierre Beaudu, François Beluche, Nicolas Oriol, Jean Marc Belin et moi-même, réaliserons une topographie, et un croquis, en s’arrêtant en haut du puits, par -80m. Grâce à ces informations, nous aurons la confirmation, qu’après un parcours vers l’ouest, la galerie fait demi-tour, pour revenir vers la vasque, entre le petit et le Grd goul.

    Le Goul du pont et celui de la tannerie sont très proche, mais sont complètement différents. Le premier, descend profond très rapidement, puis l’on trouve une galerie presque horizontale, à grande profondeur. Le second, commence par une longue galerie à faible profondeur, puis, des puits verticaux qui descendent très profond.

    Samedi 19/06/2002

    C’est le grand jour, nous avons prévu d’aller voir le terminus et plus, par -140m de profondeur. La veille, avec l’aide de Jérôme Meynié, nous avons installé la déco jusqu’à -52m. Mais le détendeur d’une bouteille de Nitrox 28%, se mettra en débit continu, et je devrais la remonter en surface. Ce n’est pas grave, le lendemain, c’est Laurent Ylla et Stéphane Roussel qui, en même temps que la dépose de l’oxy à -6m, et la vérification des bouteilles, déposeront cette bouteille. 

    La plongée de pointe :

    Il est 13 heures, et après une bonne salade de pâtes, je commence à m’équiper. Je m’habille en premier de mes sous vêtements en laine, et par cette belle journée très ensoleillée de juin, une fois dans mon étanche, je transpire à grosses gouttes. Je me dépêche de sauter à l’eau pour me rafraîchir un peu. J’ai disposé mon scaphandre composé d’un tri 20, sur le bord de la vasque, à l’ombre, et aidé par mes assistants, Jean Marc Belin, François Beluche, Laurent et Stéph, je m’équipe consciencieusement. J’ai décidé ce faire cette plongée en comité restreint, et il est plus facile, pour moi, de se concentrer dans ces conditions, par rapport à la dernière fois.

    Me voilà fin prêt. J’ai avec moi, un total de 7 bouteilles, dont 3 relais, que je déposerai tout au long de ma descente. Un petit signe à mes amis et à ma femme, et c’est parti ! 

    La progression se fait avec facilité, avec tout mon attirail. Connaissant la cavité, maintenant parfaitement, j’anticipe mes trajectoires, et après une dernière dépose à -80m, je retrouve, rapidement, à -120m, le bout de mon fil, avec son plomb, à la cote 245m. J’accroche mon dévidoir, je me retourne et je pars dans la galerie profonde, à la palme. Il me reste sur le dos, 2 bouteilles à 260 bars, la troisième n’ayant servie que pour la descente. La galerie est petite, entre 1m et 1,50m de haut, et 2m à 2.50m de large. La pente est douce, et de petites marches d’escalier me fond descendre, à chaque fois, de 50cm. Les changements de direction sont fréquents, mais jamais très importants. Vers -130m, la pente devient un tout petit peu plus pentue, et j’aperçois une pierre en plein milieu, avec un fil de fer enroulé dessus. Je reconnais le terminus de J. Schneider, décrit dans ses comptes rendus. Mon fil est à la côte de 330m, et mes instruments marquent -135m.

    Toujours 5m de moins par rapport à ses croquis. J’ai encore du gaz sur mon dorsal, et maintenant, je palme sur une distance et à une profondeur que peu de plongeurs souterrains ont réalisé. Je suis étonnamment lucide, et réalise que je continue mon exploration où personne avant moi, n’avait été. A Chaque coup de palmes, je retrouve de petites marches, qui, avec mes 2 puissants phares et leur éclairage rasant, me font penser que la pente va s’accentuer, mais ce n’est qu’un effet d’optique, et tout d’un coup je sens une résistance sur mon dévidoir. J’ai déroulé tout mon fil, et je cherche, aussitôt, à l’accrocher. Mais je ne trouve rien pour cela, et décide d’abandonner mon touret en le coinçant dans une anfractuosité à la cote 380m, à -140,10m de profondeur. 

    Devant moi, toujours le même profil de pente que j’estime à moins de 20°, avec, toujours ces mêmes petits ressauts. Il est temps de rentrer, un coup d’oeil sur mes instruments et mes manos, pour valider mes paramètres pour ma décompression. Cela fais 6mn que je suis dans la zone profonde, j’ai parcouru presque 140m qu’il faut refaire dans l’autre sens maintenant. Sur mon retour, j’examine plus attentivement la galerie, n’ayant plus à me concentrer sur la pose du fil, et remarque que la cavité est tapissée de petites dents, dans lesquelles le fil reste tendu. 4 mn plus tard, je quitte le fond, avec 110 bars sur mon dorsal. Remonté tranquille à 10m/mn, et arrivé à ma dernière dépose, je change de gaz, et j’entame ma décompression à -78m sur mes relais. 10mn plus tard, lors d’un nouveau changement de gaz de déco, je retrouve, par -50m, Jean marc, venu aux nouvelles. Je lui fais, tout d’abord signe, que tout va bien, et je lui écris les infos sur une planchette, et je lui montre mes instruments. Il repartira avec 2 bouteilles, pour prévenir, rapidement, la surface, que tout va bien. La décompression se passe tranquillement, malgré une certaine excitation, qui me fait revivre ma plongée, une bonne centaine de fois !.. Suivra François, qui restera un bon moment dans l’eau pour mon assistance. Les changements de bouteilles se succèdent normalement suivant les tables de décompression que j’ai avec moi et arrivé à 6m pour passer sous oxygène, je ressens une vive douleur aux genoux. Le signe d’un accident de décompression. Je reconnais tout de suite un bends, pour en avoir déjà eu à l’épaule, lors de mes activités professionnelles. La douleur passe très vite sous O2, et je l’oublie complètement pendant les 90mn qui me reste à faire. Après 4 heures, il est temps de refaire surface ; mais arrivé tout doucement à -4m, la douleur réapparaît. Il me faudra 30mn de plus, pour remonter, en gérant la douleur. Je suis alimenté en O2, de la surface, par un narguilé, branché sur une B50, et je ne risque pas de tomber en panne de gaz. Grâce à François, qui fera des allées et retour incessants avec la surface, il préviendra tout le monde, de mon petit problème. Dès la tête hors de l’eau, on me donnera de l’aspirine, et Jean Marc me proposera de redescendre pour effectuer une petite table thérapeutique ; mais me sentant bien mieux, la douleur ayant presque disparue, je décide de me déséquiper, et de sortir de l’eau.

    Je n’aurai besoin d’aucune aide à quitter la vasque et marcher, mais par prudence, je continuerai à respirer de l’O2, assis sur des marches d’escalier. 20mn plus tard, le reste de la douleur ayant complètement disparu, je pourrai quitter mon étanche, et commencer à faire partager mon exploration à mes amis. Ils me dissuaderont de ranger notre matériel par mesure de précaution, mais ne pouvant rester inactif, je les aiderai un petit peu.

    Dans la soirée, je ne souffrirai plus d’aucunes séquelles et le lundi matin, je reprendrai mes activités de plongeur Professionnel. 

    Conclusion :

    Je suis resté immergé 4h30, j’ai parcouru presque 300m entre -120 et -140m, et j’ai exploré 50m de galerie inconnue en palmant à grande profondeur. Après réflexion, cela expliquerait, mon petit accident, ainsi qu’une décompression au nitrox non adaptée au profil de plongée, par rapport aux trimix suroxygénés, une plongée la veille à -50m, pour installer la déco, et le fait, que je passais tous les jours, dans mon travail, 3 heures par -9m de profondeur.

    Gaz et décompression

    Oxygène (décompression : -6m)
    Nitrox 65% (décompression : -15m)
    Nitrox 40% (décompression : -30m)
    Nitrox 28% (décompression : -51m)
    Air (progression : -52m)
    Trimix 18/40 (décompression + progression : -78m)
    Trimix 10/66 (progression)
    Air (gonflage vêtement)

     

    Tables de décompressions

    Decoplanner, GF Lo : 30 / GF Hi. : 60

     

    Ce projet ne fut pas le travail d'un seul, mais de toute une équipe.

    Je voudrais rendre des ENORMES, ENORMES remerciements à toutes les personnes citées, car sans eux, notre entreprise n’aurait pu avoir lieu.

    De plus, je remercie Alain Artigue pour le prêt de ses bouteilles de 20 l, avec en plus :
    Notre association " Les fils d’Ariane ", initiateur de ce projet

    La commission de plongée souterraine de la région RABA

    La société de travaux subaquatiques O'CAN et son directeur Pierre ROUSSET, pour les moyens techniques de désobstruction, vidéo et la fourniture d'02

    La société de location LOXAM pour la fourniture à un prix, très attractif, d'un compresseur de chantier pour la suceuse

    La Mairie de Bourg St Andéol et ses services techniques, qui nous ont permis de réaliser ce projet

    AIRTESS et Bernard GLON, pour mes 2 phares HID, 10 w et halogène 50 w, pour leur éclairage puissant, qui n'ont permis de profiter au maximum de la galerie profonde

     

    Pendant le Mois qui suit, plusieurs plongées seront effectuées au trimix, par David, Stéphane et moi-même, à -80m dans la galerie, pour nettoyer les anciens fils et explorer, sur 25m, avec un arrêt à -75m, la galerie qui part en bout, à droite ; mais elle se révélera très étroite, et la visibilité sera quasi nulle au retour.
    Jérôme Meynié continuera de filmer la cavité jusqu’à -110m

    Les crues du Mois de septembre, nous empêcherons de poursuivre nos plongées, par un rebouchage partiel de l’entrée, mais de nouveaux travaux sont en préparations, et nous reprendrons nos activités au Grd Goul l’hivers prochain, pour continuer d’explorer la zone profonde, et prolonger la topographie de Frank.

    PS : Je demande à toutes les personnes qui iront, un jour, mouiller leurs palmes au Grd Goul, de respecter ce lieu, d'entretenir la trémie de départ pour ne pas faire tomber les gros blocs qui sont plus haut, de descendre à l'air dans des profondeurs raisonnables, ( les galeries sont trompeuses et dangereuses au-delà des -50m ), et d'utiliser les techniques adaptées à la plongée souterraine.


    Goul du Pont 2003

    Par Xaxier Méniscus

    Nous nous retrouvons ce vendredi 3 janvier 2003 avec toute l'équipe au bord de la vasque du " Goul du Pont " à Bourg St Andéol en Ardèche, pour préparer la plongée du lendemain, en allant installer les gaz pour la décompression. C'est un projet national de la CNPS (commission nationale de plongée souterraine) de la FFESSM, organisé par notre association de plongée souterraine " Les fils d'Ariane ".

    Depuis l'année dernière, nous avons désobstrué l'entrée de la source, et nous avons réalisé de nombreuses plongées pour explorer cette cavité, dont les dimensions ne dépassent pas 2,50m à 3m de diamètre, au plus large. Elle se caractérise par une descente très rapide jusqu'à -120m avec de petites galeries d'une trentaine de mètres à -18m, -80m et -110m. Puis une galerie profonde d'une longueur de 140m qui descend en pente douce à une profondeur de -140,10m, se situant à une distance de 380m de l'entrée, notre terminus actuel. Plongée réalisée au mois de juin 2002.
    Nous sommes ici, aujourd'hui, pour continuer l'exploration dans la zone des -150m. Pour cela, nous allons installer une douzaine de bouteilles de gros volume composé de trimix, trimix hyperoxique, nitrox, et oxygène que je vais utiliser pour ma décompression, ainsi qu'une petite cloche à -6m (le volume de la cavité ne permet pas d'installer une véritable cloche de décompression pour finir les paliers au sec). C'est tout d'abord notre président (commission souterraine FFESSM de la région RABA) David BIANZANI, qui ouvrira les hostilités par une plongée au trimix de dépose de relais à -80m. Il sera assisté sur cette plongée par Gilles FROMENT et Stéphane SIMONET, en même temps que la dépose de ma déco, puis Laurent YLLA et Christian ANDRE, qui installeront ensuite la cloche. Le soir nous nous retrouverons chez moi, pour mettre au point les derniers détails, après un passage au magasin de plongée O BLEU de Christian, sur Bourg les Valence, pour gonfler les bouteilles utilisées aujourd'hui.

    Nous arrivons le samedi 4 janvier 2003, à l'aube devant la résurgence du " Grand Goul " pour finir les derniers préparatifs. Laurent et David installent les dernières bouteilles et le narguilé O2, puis descendent au fond pour vérifier une dernière fois ma ligne de déco. Une fois remontés, tout étant parfaitement près, je m'habille de mon étanche et j'endosse mon tri 20 l dorsal, qui me servira à progresser dans la galerie profonde. Une fois dans l'eau pour soulager le poids des bouteilles, consciencieusement, je continue à m'équiper : palmes, instruments, masque et casque avec ses puissants phares . Puis, je positionne sur le coté les relais pour la descente jusqu'à -120m. Au total, j'ai sur moi, 8 bouteilles de gros volume qu'il va falloir traîner à la palme, plus les bouteilles déjà déposées, soit un total d'une dizaine de mélanges différents répartis dans une vingtaine de bouteilles.
    Nous voici au moment tant attendu du départ. Cela fait 2 mois que je prépare cette plongée, dont les quinze derniers jours, à fabriquer les mélanges dans mon garage. Un petit signe de la main à toute mon équipe et à ma femme, et à 9h47, c'est parti !

    Pour ma progression dans la trémie de départ, je suis assisté par David, qui m'aidera à passer l'étroiture à -12m, puis je continue dans la galerie à -18m. Je ne suis pas très hydrodynamique avec toutes ses bouteilles autour de moi, et j'avance péniblement jusqu'au premier puits , un peu comme un 38 tonnes sur une route de montagne. Je suis néanmoins en avance sur mon " run-time ", et je reste quelques minutes à -18m pour vérifier mon équilibrage. David m'écrit un petit message d'encouragement sur sa plaquette, et je commence seul ma descente. Arrivé à -52m, je dépose un premier relais, et je reprends doucement ma descente. A -63m, je retrouve une zone étroite qui a été agrandie la veille, en prévision de mon passage. Je continue par une succession de petits puits en chicanes jusqu'à -78m, et je palme maintenant lourdement dans la galerie. Arrivé au bout, je dépose un autre relais, et me voyant toujours en avance sur mes tables, je m'arrête quelques instant pour reprendre mon souffle, avant de descendre dans le puits qui me conduira dans la galerie à -110m. Je longe une longue fracture verticale pour arriver finalement à -120m, ou je dépose mes deux derniers relais. Je prends le temps de les poser verticalement, contre la paroi, pour éviter qu'ils se prennent dans le fil . Puis je me retourne, je note sur ma plaquette mon top départ, et je commence ma progression, plein sud, dans la galerie profonde. Malgré les crues de septembre, le fil est toujours en place. Je palme en le suivant des yeux. Ici commence une morphologie totalement différente. La roche est plus claire et la section en forme de lentille. Dans le sol on aperçoit des restes de coquillages fossiles. Je suis étonnamment lucide, et à chaque coup de palme, je retrouve de petites marches, qui, avec mes 2 puissants phares et leur éclairage rasant, présageraient que la pente va s'accentuer, mais ce n'est qu'un effet d'optique. Les changements de direction sont fréquents, mais jamais très importants.

    A mi chemin, je retrouve, sur le coté, mon ancien dévidoir, que j'avais déposé lors de ma dernière plongée à -140m ; je le place au milieu, sur le fil, pour le récupérer au retour. Arrivé à mon ancien terminus, je prends un nouveau dévidoir, pour attacher un fil neuf et je commence enfin une véritable exploration. Toujours ce mélange de tension et d'excitation, tout en gardant ma concentration, pour engranger le maximum d'informations et gérer de nombreux paramètres de plongée. A cette profondeur, sous plafond, la moindre erreur prendrait vite une tournure dramatique. En examinant les manomètres de pression et les aiguilles qui descendent à vu d'oeil, on prend conscience très vite que l'on est ici en sursis. Maintenant la pente de la galerie s'accentue, elle prend des dimensions un peu plus grandes, et les changements de direction sont beaucoup plus marqués. Arrivé dans une belle salle, en haut d'un ressaut, à la profondeur de -149m, je trouve un virage de 90° sur la gauche avec une petite marche en bas. J'examine mes instruments et mes manos, et je décide de descendre pour m'y arrêter. Je trouve un becquet rocheux, je suis étonné de prendre encore du temps pour y attacher mon fil d'Ariane, de regarder la galerie qui continue à l'horizontale, sur une vingtaine de mètres, la portée de mes deux phare HID et allogène. Je suis très concentré et très lucide à la fois. Je respire sans difficulté dans mes bons vieux Tekstar, et je ne ressent absolument pas la profondeur. Je viens de dérouler 70m de fil, pour arriver à la profondeur de -153m, dans une galerie profonde de 200m, à 450m de l'entrée, qu'il va falloir refaire en sens inverse pour ressortir. 


    Mais le plus dur reste à faire. La remontée et la longue décompression. Après avoir validé mes paramètres, j'entame mon retour. Le temps compte à cette profondeur, et je palme rapidement pour retrouver mes bouteilles relais à -120m, après avoir parcouru au total 400m sur mon tri dorsal. J'ai vraiment pris conscience de la distance lors du retour que j'ai trouvé très long !
    J'entame maintenant ma remontée, avec un mélange plus riche en O2 sur une 20 l relais et je m'arrête à -90m, une profondeur inhabituelle, pour commencer mes premiers paliers. Tout au long de ma lente remontée dans le puits jusqu'à -78m, j'examine ces parois, pour trouver de nouvelles galeries, mais beaucoup trop petites pour qu'un plongeur puisse y passer. Arrivé en haut du puits, de nouveau, je reprends un mélange plus riche en O2, et je continue ma progression dans la galerie, avec 4 bouteilles relais de 18 et 20 l, sur moi. Arrivée à -70m, j'aperçois mon premier plongeur de soutien, Frédéric BADIER, venu passer du temps près de moi, avec son recycleur. Rendez vous initialement prévu vers -80m, mais je suis en avance sur mes tables. Je lui fais signe que tous va très bien, et je lui montre mes instruments. Il me félicite par une franche poignée de mains, et il me tend une planchette pour que j'y écrive mes paramètres de plongée pour la gestion de mon équipe d'assistance. Puis je lui donnerai 2 relais qui ne me servent plus pour qu'il les remonte. Nouvelle poignée de mains, et Fréd commence sa remontée. C'est Jean Pierre BAUDU qui fera son assistance et remontera mes relais, avec les infos. En surface, un grand cri de joie et de soulagement retentira devant la lecture de la planchette. David, qui avait pris le poste de directeur de plongée avec Gaby HUDE, me dira plus tard qu'il avait été encore plus stressé que moi, de me voir partir seul pour une plongée aussi profonde. Mais très vite, l'équipe s'organise, et c'est au tour de Jean Claude PINNA de venir me voir vers -53m, avec un trimix léger, pour récupérer 3 nouvelles bouteilles relais. Un peu plus haut, je branche mon chauffage, a l'aide d'une batterie que l'on vient de m'apporter avec de l'eau et de la nourriture. Cela fait du bien, car j'ai encore beaucoup d'hélium dans mes mélanges. Puis c'est au tour de Frank VASSEUR de venir me voir. Il restera un bon moment avec moi vers -30m. Nous discuterons par planchettes interposées, et lui aussi repartira avec des bouteilles vides.

    Puis les plongeurs d'assistance s'enchaînent, Gaby avec Philippe NIEL, Régis BRAHIC. Puis arrivé à mon palier de -15m, avec l'aide de Yves BILLAUD, je décapellerais sous l'eau mon tri 20 afin d' être plus à l'aise pour terminer ma décompression et j'enfilerais un baudrier de plombs à la place. C'est David, après de longues congratulations, qui remontera en surface mon dorsal. Puis suivront Laurent, Jean Claude ANCELIN, m'apportant nourritures, boissons et batteries. Arrivé à - 6m, je passe sous O2 et avec l'aide de Frank, nous descendons la cloche, qui avait été placée un peu plus haut pour me permettre de passer dessous, lors de la descente. Une fois en place, je mets la tête à l'intérieur pour enfiler un facial, et je commence à communiquer avec la surface.

    Tous, viennent parler avec moi, même ma femme Hélène, pour me faire passer le temps. J'ai 200mn sous O2 avant de pouvoir sortir. Laurent restera avec moi presque 2 heures, faisant les aller retour pour m'apporter quelques petites collations, dont bien sûr, une part de galette des rois, en ce week-end d'épiphanie. C'est pas moi qui ai eu la fève ! Arrivé à la fin de ma longue décompression, m'ennuyant un peu, je rangerai les dernières bouteilles, et je démonterai avec l'aide de Laurent, la cloche. Puis tout doucement, je refais surface, après presque 8 heures de décompression et 500mn de plongée, dans une forme physique vraiment bonne, après un tel profil de plongée. Dans les heures et les jours qui suivront, aucun signes d'accidents de décompression, n'apparaîtront.
    Avec toute l'équipe, qui a réalisé un énorme travail, fait à la perfection, car aucun incident n'est venu perturbé cette plongée, nous fêterons, au bord de la vasque et au champagne, cette belle exploration.

    Remerciements :

    - O BLEU, magasin de plongée à Bourg les Valence, pour le prêt de matériel de plongée Tek, et le gonflage
    - Air Products, Franck Bévilacqua pour la fourniture d'hélium et d'oxygène au meilleur prix
    - les Club spéléo des Sapeur Pompier de Grenoble et le GSV de Valence
    - DECATHLON la Tronche : Gilles Amosse
    - TOPSTAR, Mr et Mme Milhares
    - AIRTESS, Bernard Glon éclairages, système pipi et chauffage
    Un grand bravo à toute l'équipe qui a rendu possible cette plongée :

    - BIANZANI David
    - BADIER Frédéric
    - BAUDU Jean Pierre et Catherine
    - PINNA Jean Claude
    - VASSEUR Frank
    - HUDE Gaby
    - BRAHIC Régis
    - BILLAUD Yves
    - YLLA Laurent
    - NIEL Philippe
    - ANCELIN Jean Claude
    - REVIL Lionel
    - SIMONET Stéphane
    - FROMENT Gilles
    - ROUSSET Pierre
    - ROUSSEL Stéphane
    - ANDRE Christian, gérant du magasin de plongée O BLEU sur valence
    - ARTIGUE Alain pour le prêt de ses bouteilles de 20 l

    Sans oublier ma femme, Hélène, pour son soutien logistique et moral, et le conseil municipal de la ville de Bourg St Andéol, pour son autorisation, qui possède un site magnifique, avec " le Petit Goul ", et " le Grand Goul ", respectivement 2ème et maintenant 5ème résurgences les plus profondes de France.

    Tables de décompressions,

    calculées sur Décoplanner, GF Lo. : 20 / GF Hi. : 50

    Gaz utilisés : soit un total de 32m3 respirés

    - Oxygène ( décompression : -6m )
    - Nitrox 83% ( décompression : -9m )
    - Nitrox 72% ( décompression : -12m )
    - Trimix 57 / 11 ( décompression : -18m )
    - Trimix 43 / 25 ( décompression : -27m )
    - Trimix 32 / 36 ( décompression : -39m )
    - Trimix 28 / 40 ( progression & décompression : -51m )
    - Trimix 18 / 50 ( progression & décompression : -78m )
    - Trimix 12 / 60 ( progression & décompression : -120m )
    - Trimix 8 / 72 ( progression : -153m )
    - Air : Gonflage & rinçage

    Un grand MERCI à tous les plongeurs qui ont participé depuis l'année dernière à ce projet, dont les comptes rendus et les topographies sont disponibles sur le très beau site web de plongée souterraine de Frank Vasseur et Jean Marc Belin : http://plongeesout.free.fr/, rubrique site de plongée, Ardèche, Goul du Pont.

    Conclusion :

    Le Goul du Pont n'a pas encore livré tous ses secrets, mais nous continuerons à travailler dessus pour finir la topographie que nous avons poussé jusqu'à -120m, où l'on s'aperçoit que la galerie profonde part vers le sud, alors que le bassin d'alimentation se trouve au Nord-Ouest. Et nous continuerons à poursuivre son exploration, si possible, encore plus loin.


    MENISCUS Xavier, avec l'aide de Frank Vasseur et David Bianzani
    0660847768, xavier.meniscus@wanadoo.fr


    Là-bas au fond<o:p> </o:p>

    A -117m mauvaise surprise: je trouve la bouteille laissé la veille par Erik déplacé par un courant violent et emmêlé dans un amas de fil, de même pour le scooter UV26, 3 minutes pour tout défaire, ça commence bien !<o:p> </o:p>

    Beaucoup de courant a partir de -120m et faible vitesse de déplacement même en vitesse maximum du scooter, tractant un 2eme scooter et trois bouteilles (20 lit 9/92, 20 lit 6/94, 11 lit 6/94) les chiffres du profondimètre change a une lenteur inimaginable !<o:p> </o:p>

    Vers -136m l'ancien fil de Schneider de 1986 est en diagonal dans la galerie (Droite -> Gauche et du Haut -> Bas); je trouve le moyen d'emmêler mon mousqueton de la poignée de ma lampe dedans, 2 minutes de perdus a d'emmêler<o:p> </o:p>

    Envie paradoxale vers -140m:  faire demi-tour a cause du courant du feu de Dieu ? ou continuer ? dans 30 mètres de visibilité et un sol de la galerie blanc et propre sans aucun dépôt de sédiments (contrairement a 2003)<o:p> </o:p>

    -143m fin du fil de 2mm rouge de X. Meniscus, début de mon fil bleu 5 mm en polypropylène de Mai 2003 toujours en place<o:p> </o:p>

    vers -153m descente dans petit puits jusque -158m<o:p> </o:p>

    vers -164m petite marche avec changement de direction<o:p> </o:p>

    A partir de -170m le scooter Silent Submersion commencera a faire un drôle de bruit "squick squick squick"; traînant un scooter de secours et ayant un courant important qui pourrait me ramener je ne me tracasserai qu'a moitié<o:p> </o:p>

    Il m'aura fallu 20 minutes depuis -120m pour arriver a mon ancien terminus de 2003 a -178m le bobino étant toujours en place dans sa petite faille.<o:p> </o:p>

    En m'arrêtant pour essayer de reprendre ce dernier le courant me jette mon scooter que j'avais posé devant moi a la figure  (merci le casque ; - )  <o:p> </o:p>

    Je décida de continuer a explorer sans tirer de fil, la mono galerie étant claire comme son eau de roche et sans dépôt apparent de sédiment qui pourrait troubler la visibilité au retour.<o:p> </o:p>

    La suite partant vers la gauche en descendant une marche de 2 m, après une dizaine de mètres ça ressemble toujours a une galerie en pente douce comme les +/- 350 mètres précédents, toujours pas de possibles puits en vue.<o:p> </o:p>

    L'incessant bruit anormal du scooter et le paysage devenant monotone je décida de faire demi-tour.<o:p> </o:p>

    Le retour fut plutôt amusant ayant le courant dans le dos, donnant au scooter Silent Submersion une nouvelle vitesse virtuelle 12 ? sur les 9 possibles d'origine<o:p> </o:p>

    La ou ce fut moins amusant fut quand je dus m'arrêter a -141m pour le premier palier de décompression, obligé de me mettre face au courant et m'accrochant aux fossiles marins incrustés dans le sol depuis des millénaires<o:p> </o:p>

     <o:p> </o:p>

    A partir de la ce fut un arrêt tout les 3 mètres pendant une minute de décompression,  a nouveau 20 min pour le retour, soit un total de 40 min de temps de fond entre -120/-180/-120, <o:p> </o:p>

    belle performance pour le CCR Ouroboros !<o:p> </o:p>

     <o:p> </o:p>

    Remontée et reste de la decompression avec quelques problemes d'hypothermie suite a une purge "pipi" et un gilet chauffant KO, mais entouré d'une équipe fabuleuse qui me soutiendra jusqu'au bout.<o:p> </o:p>


    Plongée d'exploration par -185m

    Par Xaxier Méniscu

    Plongée d'exploration par -185m en Bi mCCR Joki<o:p> </o:p> <o:p> </o:p>

    Le Goul du Pont<o:p> </o:p>

     <o:p> </o:p>

    Ce week end du 22 et 23 avril 06, une équipe constituée des plongeurs de la région RABA, a poursuivi l’exploration du Grd Goul.<o:p> </o:p>

    Le samedi, avec l’aide de Josée et Laurent Bron, Patrick Serret et moi même, avons installé quelques gros bloc de sécu jusqu’à –50m, et monter la cloche souple de déco à –6m, amarrée sur 2 chaînes placées en travers de la galerie, fixées par des spits de 12mm.<o:p> </o:p>

    Le dimanche, lors d’une plongée de 540mn, j’ai atteint la profondeur de –185m, en bi recycleur mCCR Joki alimentés en O2 par vanne micrométrique.<o:p> </o:p> <o:p> </o:p>

    Le CR complet sera réalisé dans les jours qui viennent<o:p> </o:p>

    ( Absent pour plusieurs semaines (voir ci dessous), je publierais mon CR à mon retour au mois de Juin )<o:p> </o:p> <o:p> </o:p> <o:p> </o:p>

    Grâce aux techniques employées, à la rigueur de la préparation et de l’équipe de surface, aucun problème n'est survenu pendant cette plongée. <o:p> </o:p>

    A la sortie de l’eau, aucun signe d’ADD, ni le jour suivant<o:p> </o:p>  <o:p> </o:p>

    Les conditions étaient idéales :<o:p> </o:p>

    -         Soleil, chaleur et bonne humeur en surface<o:p> </o:p>

    -         Visi superbe et courant nul au fond<o:p> </o:p>

     <o:p> </o:p>

    Un grand merci à toute l'équipe présente :<o:p> </o:p>

    -         Méniscus Xavier et Hélène : plongeur de pointe        Bi mCCR JOKI à vanne micrométrique<o:p> </o:p>

    -         Laurent Bron                                                            mCCR KISS<o:p> </o:p>

    -         Josée Aline Bron<o:p> </o:p>

    -         Bianzani David                                                         mCCR JOKI<o:p> </o:p>

    -         Patrick Serret<o:p> </o:p>

    -         Alain Ruet<o:p> </o:p>

    -         Gaby Hude                                                              mCCR "DGX1" à débit litre pompier<o:p> </o:p>

    -         Baptiste Bénédittini                                                 mCCR             à débit litre pompier<o:p> </o:p>

    -         Jean Claude Pinna avec brigitte                               mCCR big JOKI<o:p> </o:p>

    -         Yves Billaud avec sa fille Sophie<o:p> </o:p>

    -         Pierre Mercier Guyon<o:p> </o:p>

    -         Claude Bénistand<o:p> </o:p>

    -         Ciriani Olivier<o:p> </o:p>

    -         Maxime de Gianpietro                                              en recycleur<o:p> </o:p>

    -         Magrit Hohl<o:p> </o:p>

    -         Philippe Briols avec Ghislaine et Monique Cester<o:p> </o:p>

    -         Yann Deschmaeker avec sa petite famille<o:p> </o:p>

    -         Yann ( Bubble Divind )<o:p> </o:p>

     <o:p> </o:p>

    Sans oublier :<o:p> </o:p>

    -         Jean Pierre Stéfanato pour la cloche de déco : Première déco dans une cloche, un confort fantastique.<o:p> </o:p>

    -         Laurent Bron pour sa gestion de surface<o:p> </o:p>

    -         Josée Bron : vidéo sous marine et montage DVD<o:p> </o:p>

    -         Patrick Serret : photographe et plongeur<o:p> </o:p>

    -    Alain Ruet : Barbecue et désobstruction<o:p> </o:p>

    -         David et Fréd Badier pour m’avoir prêté leur VR3 "standard" ( modèle Bühlmann ) : <o:p> </o:p>

    o       Conservatisme 20%<o:p> </o:p>

    o       PpO2 programmées 1,2 progression et 1,4 en déco<o:p> </o:p>

    o       PpO2 respirées : 1,4 en progression, et 1,6 en déco<o:p> </o:p>

    o       Gaz utilisée : Bi 12 Tx 7,5/81 + relais S80 Tx8/80<o:p> </o:p>

    -         AIRTESS et Fréd Badier pour la conception des recycleurs mCCR Joki. Le confort respiratoire et la souplesse, à –185m, étaient parfait.<o:p> </o:p>

    -         AIRTESS pour les éclairages : lampe à LEDS 1W, Phare HID 10W avec pack accus 13AH, phare halogène Dichro 7 gold 45W équivalent 75W avec pack accus 8Ah<o:p> </o:p>

    -         AIRTESS : Pack batterie 24Ah posé à –50m<o:p> </o:p>

    -         Métalsub : pack accus 13Ah pour chauffage en progression dès –120m<o:p> </o:p>

    -         Silent Submersion : le scooter UV18 Deep Version n’a absolument pas souffert de la pression et tournait parfaitement à la profondeur de –185m, ce qui m’a permis de progresser très rapidement.<o:p> </o:p>

    -         Topstar : Mon bon vieux volume TP4 pro a parfaitement tenu son rôle, malgré les nombreuses grosses plongées réalisées ces dernière années.<o:p> </o:p>

    -         La mairie de Bourg St Andéol pour nous avoir prêté la clé d’accès<o:p> </o:p>

    -         La gendarmerie de Bourg St Andéol auprès desquels nous nous sommes enregistrés pour plonger<o:p> </o:p>

    -     O'CAN : société de travaux sous marins. Perfo pneumatique modèle 509 pour planter les spits de 12mm pour la cloche<o:p> </o:p>

    Méniscus Xavier<o:p> </o:p>

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    Plongée d'exploration par -185m en Bi mCCR Joki

     

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    Le Goul du Pont ( photo P. Serret )

     

    Voici plus d’un an que j’attends ce grand jour. Poursuivre l’exploration du Grd Goul, commencée voilà 4 ans plus tôt, en 2002, par la désobstruction de sa trémie d’entrée par notre association des fils d’Ariane, avec l’aide de la société de travaux sous marin : O’CAN, et de plusieurs plongées entre amis, pour porter la profondeur d’exploration à -177m

    Un an de préparation pour mettre au point un système d’injection mécanique pour mes recycleurs mCCR Joki, capable d’atteindre d’importante profondeur, et de réaliser plusieurs plongées d’entraînement avec pour le valider. D’investissements financiers, pour acheter le propulseur Silent Submersion Deep Version, la vanne micrométrique Swagelok pour l’injection d’oxy, l’éclairage, le système de chauffage capable de supporter de forte pression. De conception pour l’utilisation d’une cloche de déco. De temps passer à considérer les moindres détails, et d’attendre le bon créneau pour réaliser une telle plongée

    Pour le pont du 11 novembre 2005, nous espérerions pouvoir tenter cette explo, mais malgré plusieurs messages d’encouragements d’illustres plongeurs, les conditions ne fut pas optimales pour pouvoir prétendre percer les secrets de la galerie profonde du Goul du Pont.

    En février de cette année, la tentative d’une grosse équipe internationale permettra de progresser, que de quelques mètres, dans des conditions difficiles, trouvant un fort courant dans la galerie profonde. La difficulté de cette cavité, étant la distance à parcourir presque à l’horizontal à partir de –120m pour atteindre le point bas désormais porté à –180m, à 570m de l’entrée

    Nous attendions donc, les conditions idéales, qui étaient, une longue journées ensoleillée, fraîche le matin pour s’équiper, et chaude dans la journée pour un bon barbecue autour de la vasque pour toute l'équipe. Une visi importante, et peu de débit sur le Goul de <st1:personname productid="la Tannerie"> la Tannerie</st1:personname> , situé sur la cote NGF, 30cm plus bas. 2 cavités possédant le même bassin versant, et qui communiquent, on ne sais où. Un niveau haut pour avoir au moins –6m dans la cloche. Scaphandrier de profession, je devais ne pas plonger en semaine pour le boulot, pour arriver le jour J, l’organisme complètement désaturé. Tout l’hiver, nous attendions, patiemment, que mère nature nous donne l’autorisation de plonger dans ses entrailles.

    En ce week end de printemps, du 22 et 23 avril, tout fut parfait pour prétendre prolonger nos connaissances de la partie profonde. Je réunissais autour de moi, une équipe de près de 20 plongeurs de notre région RABA, dirigée par Laurent et Josée.

    Le samedi, en fin d’après midi seulement, pour ne pas gêner d'autres plongeurs, Laurent et Josée sont descendus jusqu’à –50m pour installer différents blocs de sécu, tout au long du parcours. Patrick et moi, avons installé à –6m, la cloche de déco. Sur les spits de 12mm posés voilà plus d’un mois à –7,5m, avec l’aide d’une perfo pneumatique 509, prêtée par O’CAN, nous avons posé 2 chaînes, en travers de la galerie à l’aide des gros spits. Josée nous filmera pendant les derniers réglages, et gonflage de la cloche.

    Avant de plonger nous avions récupéré la clé d’accès du parc auprès de la mairie de Bourg St Andéol, et prévenu la gendarmerie de notre venue.

    Nous finirons la soirée au restau, avec des amis d’enfance, devant un copieux repas.

     

    Le jour J est arrivé

    Le dimanche matin, après une courte nuit de sommeil chez ma mère à Pierrelatte, passée à revoir en détail toutes les phases de la plongée, avec Laurent et Josée, nous nous retrouvons tous vers 7h du mat. devant la vasque translucide et calme du grd Goul. Pendant que Laurent réuni tout le monde autour de lui pour un petit briefing, je me prépare doucement. Alain, arrivé la veille, partira le premier à l’eau, pour dégager le passage à –12m, et installer derrière la trémie, mes relais ( deux 2L oxy, 9L Tx14/55, S80 Tx8/80 ) et mon propulseur UV-18 DV pour me permettre de passer, comme « une lettre à la poste » l’étroiture d’entrée. J’utilise aussi une nouvelle config. qui me permet de disposer, autour de moi, mes autres relais ( 3,5L oxy et 3,5L air vêtement ), mes 2 recycleurs autour de mon bi 12 ainsi que mon pack d’accus Métalsub 13Ah pour le chauffage en progression, pour être le plus à plat et le plus hydrodynamique possible. Rien de dépasse, tout est parfaitement compact.

    Durant ma minutieuse préparation, dans la vasque à m’équiper, aidé par tous les copains, Josée descendra faire quelques images pour préparer mon passage.

     

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         Prêt au départ ( Photo Héléne )                                  GO, c'est parti ! ( Photo Josée Bron )

     

    Les 2 recycleurs en place, l’alimentation en gaz connectée, éclairage, masque et casque sur la tête, me voilà prêt à partir.

    Un dernier signe aux copains, à ma chérie, et me voilà parti, pour une immersion que je prévoie de 11 à 12h. Josée m’attend à –9m pour filmer le passage de l’étroiture. Alain, m’attend dans la galerie pour m’aider à installer les relais, et le propulseur. Entre temps, Josée partira un peu plus loin dans la galerie vers –15m, pour filmer mon départ au scooter, une fois tout équipé.

    Me voilà parti seul, dans les entrailles de la terre, seul le bruit du scooter perce le calme et la quiétude de ce site. Je descend rapidement jusqu’à –50m pour tester mon recycleur redondant, connaissant parfaitement la cavité, avant la zone profonde. Une fois les tests effectués, je poursuis ma descente, tranquillement, pour rester sur un rythme respiratoire calme. La galerie à –80m franchie, je descends dans le grand puits pour arriver à –110m, puis à –120m, pour déposer ma 9L relais et une 2L oxy avec une seconde vanne Kiss en sécu. Nouveau test sur le recycleur redondant, avant de m’engager dans la galerie profonde, avec un relais ventral, <st1:personname productid="la S"> la S</st1:personname> 80 de mélange fond en sécu, et la 2L avec la vanne micrométrique. Scootérisant en vitesse 7/9, je progresse rapidement dans la galerie sans trouver aucun courant, gardant une PpO2 autour de 1,4 Bar en injectant l’oxygène, à l’aide du bouton d’injection manuel. Le tarage de ma vanne micro étant réglé pour avoir le bon débit uniquement à la profondeur maxi, autour de 0,9L/mn à –190m. Arrivé à mon ancien terminus, je vérifie la profondeur exacte, atteinte en janvier 2003, de 145m au VR3 au lieu des 153m annoncés avec mon vieille Aladin de 1er génération de l’époque. Je poursuis, au delà, sur la corde bleue de Jérôme Meynié, dans des profondeurs qui me sont désormais inconnues. Vers –162m, la galerie de divise en 2, le gros fil, partant dans un petit puits étroit, alors que la galerie principale, beaucoup plus vaste, part vers la gauche. Je décide de poursuivre par là, voyant que l’actif ne peut venir que de là. 40m plus loin, vers –168m, je retrouve le fil principal, qui descend par cette cheminée, pour continuer tranquillement ma progression dessus. Arrivé à –177m, je retrouve le gros dévidoir de Jérôme, bien calé derrière un becquet rocheux, puis, conformément à son dernier CR, aucun fil n’est posé ensuite. Je décide donc de poursuivre moi aussi sans poser de fil, ayant analysé avec lui et d’autres, les risques encourus d’utiliser un dévidoir à de telle profondeur, sur une si petite distance dans ce type de cavité étroite uniforme et claire.

    -180m, la galerie continue toujours en pente douce, là où personne n’est passé avant moi. Le scooter fonctionne parfaitement, sans faiblir à la pression extérieur d’environ 20 bar, grâce aux modifications apportées au modèle de base, et je continue à progresser rapidement. Ma PpO2 est stable à 1,4 bar sur les 2 cellules de chaque recycleur, mon aisance respiratoire est excellente, aucun signe du SNHP, et mon gilet chauffant Klan, me donne suffisamment de chaleur pour ne ressentir aucun effet refroidissant de l’He. Tout fonctionne donc parfaitement, je peux poursuive mon explo. Environ 20m plus loin, la galerie, d’une dimension estimée de 3x2m, se termine brusquement..........

    Lâchant la poignet du scooter, je suis obligé de poser ma main droite devant moi pour stopper ma vitesse, mais celle ci s’enfonce jusqu’au poignet dans la glaise à la profondeur de –185m. Devant moi, plus rien. Rapide tour d’horizon, à droite, rien non plus, et à gauche la suite…..

    Et quelle suite !

    Un laminoir de 4m de large, sur 80cm de haut, qui part à l’horizontale, le sol recouvert d’une importante épaisseur de glaise fine et de divers blocs rocheux.

    Comment poursuivre dans ses conditions, à une telle profondeur, la visibilité commençant même à se dégrader par mon arrivée. J’imagine, immédiatement, l’état de la visi au retour, si je m’y étais engagé, alors qu’autour de moi, sans bouger, l’eau commence sérieusement à se troubler

    Pourquoi la cavité continue-t-elle de cette façon alors que rien ne nous y prépare ? A aucun autre endroit, nous ne trouvons la moindre trace de glaise, dans le réseau actif. <o:p> </o:p>

    Pourtant, par le courant, rencontré par Jérôme au mois de février, nous montre bien que nous sommes dans l’actif !

    Il doit y avoir certainement un autre passage, que j’aurais manqué à l’aller, voyant que ce n’est pas une galerie unique.

    Rapide contrôle de <st1:personname productid="la PpO"> la PpO</st1:personname> 2 toujours remarquablement stable, sur ma vanne micro, et la lecture sur mes 2 VR3 de plus de 540mn de déco avec 1,2 de PpO2. Mince, j’suis pas encore sorti !. J’engage sur la poignée du scooter qui repart aussi sec, sans sourciller. Faut qu’en même pas traîner ici trop longtemps, il reste du chemin à faire pour ressortir, dont 350m pour retourner à –120m

    A –170m, je décide de passer par la cheminée équipée par Jérôme, espérant trouver un autre passage. Mais rien ! Il me reste plus qu’à rentrer.

    Premier palier de 2mn à –130m. J’en profite pour augmenter le débit en tournant manuellement ma vanne, manipulation que j’effectuerai tout au long de la remontée, suivant un tableau de marche controlé sur un banc de test. Je passe maintenant à 1,6 de PpO2 respirée et à 1,4 sur mes VR3, ceux qui me fait tomber ma déco à moins de 500mn. Je vérifierai la profondeur maxi atteinte, redoutant un excès de confiance dû à l’euphorie, étant surpris par excellent état de lucidité dans lequel je me trouvais au fond, l’aisance respiratoire sur mes recycleurs et la stabilité de <st1:personname productid="la PpO"> la PpO</st1:personname> 2. Mince, on est encore loin des limites possibles avec ce type de machine, validant une nouvelle fois la profondeur de –185m, profondeur qui ne cesse de progresser en recycleur mCCR

     

                               </v:shape></v:shape>

     Carnet VR3

     

    Arrivé à –120m, je récupère les 2 relais sécu, et je poursuivre tranquillement ma remonter. Dans le puits qui me ramène dans la galerie à –80m, je prends le temps de réfléchir pendant les paliers, sur ce que j’ai trouvé au fond. C’est pas possible, il y a forcément autre chose ? Et pourquoi pas en haut ? Je n’ai pas regardé ! Pourtant je l’aurais vu en arrivant ? Est il possible que cette glaise trouvée stagne parce que nous avons atteint le point bas ? Ces questions resteront sans réponses, préférant me concentrer sur ma déco. A –80m il était prévu que David m’attende  avec son Joki en sécu au cas où. Mais je suis très en avance, comme d’habitude j’ai pris beaucoup de marge sur mon tableau de marche, David doit être plus haut. Effectivement, je le retrouve à –56m. Nous échangeons les diverses informations sur le profil de ma plongée, pour la gestion de surface et les congratulations habituelles. David connaît parfaitement son travail, pour avoir toujours était mon 1er plongeur de soutien, et comme tout marche à la perfection, il remonte, plaquette à la main informé toute l’équipe de la situation. A son départ, il me reste « encore » 450mn de déco. Suivra ensuite vers –50m Baptiste 2ème plongeur de soutien, en recycleur mCCR, pour passer du temps avec moi si j’avais eu le moindre problème. Puis arrive un peu plus haut Gaby, avec un tout nouveau type de recycleur mCCR, que nous sommes en train de mettre au point, le GDX 1 ( Gaby-David-Xavier 1 ). A –50m, j’en profite pour récupérer un pack d’accus étanche de 24 Ah qui prendra la suite de mon Métalsub un peu plus haut, au bout de 3h d’utilisation pour mon gilet chauffant. Suivra ensuite tout au long de ma remonté, tout les membres de mon équipe, les uns après les autres, me laissant jamais seul très longtemps, communiquant à l’aide d’une ardoise magnétique. Rétrospectivement, j’apprécierais le temps que Claude passa avec moi, dans le puits à partir de –30m, car un récent grave accident de voiture après une plongée aux Gouls, au mois de mai, nous privera de sa présence pour un long moment, le temps de sa rééducation.

     

                             </v:shape></v:shape>

              Xavier en bi mCCR Joki (Photo E. Champelovier)                  Xavier dans la cloche de déco (Photo Josée Bron)

     

    Avec patience et résignation, j’effectue mes paliers, tous plus long les uns que les autres, m’alimentant, régulièrement en boisson et éléments liquides. Arrivé enfin à 6m, je vais pouvoir passer au sec, dans la cloche. Je quitte mes 2 recycleurs en les accrochant sur les chaînes tendues par la traction qu’exerce la cloche, pour passer sur un narguilé alimenté en O2 depuis la surface par une B50, puis je me débarrasse de mon Bi 12 à 210 bar et de tout mon équipement, pour rentrer dans l’habitat, bien au chaud finir ma déco pour encore 3h30 sous oxy. Par l’interphone, je communique avec la surface pour leur donner mes premières impressions sur ma plongée, et sur ce que j’ai découvert au fond. Quelques mots échangés avec tout le monde, et plus particulièrement avec ma chérie pour lui assurer que tout va bien, pendant que Josée vient faire quelques images dans la cloche.

    Il est plus de 15h et j’ai faim ! J’ai envie de manger quelque chose de plus consistant. Apprenant le barbecue fait en surface, je leur demande de m’envoyer quelques saucisses et merguez chaudes dans une bouteille en plastique, ainsi qu’une canette de Coca bien fraîche. Un repas royal en de telle circonstance, agrémenté par quelques noix de cajous.

    Ne restant jamais seul très longtemps dans la cloche, par la visite permanente de mes petits camarades, ma déco dans la cloche passa sans que je m’en aperçois, dans un confort fantastique, pour une première fois avec ce type d’outil. La température à l’intérieur monte facilement à <st1:metricconverter productid="16ᄚC"> 16°C</st1:metricconverter> , malgré des rinçages fréquents à l’air toutes les 20 à 30mn, pour évacuer le CO2 de ma respiration, alors que l’eau est à <st1:metricconverter productid="13ᄚC"> 13°C</st1:metricconverter> . Totalement au sec, je suis assis sur un petit banc pour me ré hausser, fabriqué dans la semaine, avec quelques tubes en aciers et un peu de soudure. Pendant ce temps, tout mon matériel est remonté en surface, je garde avec moi, une batterie de 30Ah dans un kit, qui me sert, de temps en temps pour le chauffage et de leste sur le dos, pour la remonté finale en surface, avec un baudrier de plombs en plus.

    Au bout de presque 9h de plongée, durée relativement courte pour un tel profil, il est temps de sortir. En surface, tous le monde s’active sous les ordres de Laurent pour ranger l’ensemble du matériel. A une vitesse inférieure à 1m/mn, je remonterais doucement, assisté par Jean Claude, guettant le moindre ADD. Une fois en surface, vers 18h, le soleil encore présent, sous les applaudissements de toute mon équipe, je les féliciterais tous pour leur rigueur et l’excellent travail qu’ils ont accompli. Tout c’est super bien passé, aucun grain de sable n’est venu perturber une mécanique bien huilée, dû à une préparation rigoureuse.

     

    Un peu moins d’une heure après ma sortie, me sentant bien, sans signes d’ADD, assis sur ma chaîne à ne rien faire, sinon, je me fais engueuler par Josée, je demanderais à Patrick et Philippe de démonter la cloche de déco, et nous finirons de ranger les voitures pour rentrer chez nous, après une si belle journée, le goul du pont, n’ayant toujours pas livré tous ces secrets.

     

                                                       </v:shape>(photo Thierry du Vieux Campeur)

          Démontage de la cloche par Olivier, Alain, Josée et Yann. Derrière au fond, assis sur une chaîse, je me repose

     

     

                                             </v:shape>

    Vanne Micrométrique Swagelok

     

    Toute l'équipe présente :

    -         Méniscus Xavier et Hélène : plongeur de pointe        Bi mCCR JOKI à vanne micrométrique

    -         Laurent Bron                                                            mCCR KISS

    -         Josée Aline Bron

    -         Bianzani David                                                         mCCR JOKI

    -         Patrick Serret

    -         Alain Ruet

    -         Gaby Hude                                                              mCCR "DGX1" à débit litre pompier

    -         Baptiste Bénédittini                                                 mCCR             à débit litre pompier

    -         Jean Claude Pinna avec brigitte                               mCCR big JOKI

    -         Yves Billaud avec sa fille Sophie

    -         Pierre Mercier Guyon

    -         Claude Bénistand

    -         Ciriani Olivier et Thierry du Vieux Campeur

    -         Maxime de Gianpietro                                              en recycleur

    -         Magrit Hohl

    -         Philippe Briols avec Ghislaine et Monique Cester

    -         Yann Deschmaeker avec sa petite famille

    -         Yann ( Bubble Diving Grenoble )

    Sans oublier :

    -         Jean Pierre Stéfanato pour la cloche de déco : Première déco dans une cloche, un confort fantastique.

    -         Laurent Bron pour sa gestion de surface

    -         Josée Bron : vidéo sous marine et montage DVD

    -         Patrick Serret : photographe et plongeur

    -    Alain Ruet : Barbecue et désobstruction

    -         David et Fréd Badier pour m’avoir prêté leur VR3 modèle "Pyle stop" :

    o       Conservatisme 20%

    o       PpO2 programmées 1,2 progression et 1,4 en déco

    o       PpO2 respirées : 1,4 en progression, et 1,6 en déco

    o       Gaz utilisée : Bi 12 Tx 7,5/81 + relais S80 Tx8/80

    -         AIRTESS et Fréd Badier pour la conception des recycleurs mCCR Joki. Le confort respiratoire et la souplesse, à –185m, étaient parfait.

    -         AIRTESS pour les éclairages : lampe à LEDS 1W, Phare HID 10W avec pack accus 13AH, phare halogène Dichro 7 gold 45W équivalent 75W avec pack accus 8Ah

    -         AIRTESS : Pack batterie 24Ah posé à –50m

    -         Métalsub : pack accus 13Ah pour chauffage en progression dès –120m

    -         Silent Submersion : le scooter UV18 Deep Version n’a absolument pas souffert de la pression et tournait parfaitement à la profondeur de –185m, ce qui m’a permis de progresser très rapidement.

    -         Topstar : Mon bon vieux volume TP4 pro a parfaitement tenu son rôle, malgré les nombreuses grosses plongées réalisées ces dernière années.

    -         La mairie de Bourg St Andéol pour nous avoir prêté la clé d’accès

    -         La gendarmerie de Bourg St Andéol auprès desquels nous nous sommes enregistrés pour plonger

    -     O'CAN : société de travaux sous marins. Perfo pneumatique modèle 509 pour planter les spits de 12mm pour la cloche

    - Carole et Eric avec leur enfant, mes amis d'enfance, venus me faire un petit coucou et prendre de mes nouvelles à ma sortie

    Un grand MERCI à tous.

    Je pense que nous avons passé tous ensemble, une excellente journée, faite de bonne humeur et de chaleur humaine.

    Mon analyse de la plongée :

            - Après examen de ma plongée, la technique du dévidoir perdu ( laissé au fond ) me semble la solution à adopter pour la prochaine fois, plutôt que d'avancer sans fil. Elle permettrait aux suivants, de poursuivre l'exploration sans reprendre l'équipement, et d'amméliorer la sécurité compte tenu de la glaise accumulée au fond.

            - Le controle manuel de <st1:personname productid="la PpO"> la PpO</st1:personname> 2 par la vanne micrométrique utilisée jusqu'à -15m, ne pose aucun problème et autorise un accés à des profondeurs encore plus importantes.

    Nous reviendrons aux Gouls de Tourne très prochainement, pour poursuivre la désobstruction, car la trémie se referme doucement, puis nettoyer et prolonger la topographie profonde du grd Goul.

    Etablir, maintenant, que nous pouvons travailler à grandes profondeurs avec nos recycleurs et poursuivre l’explo du Goul de <st1:personname productid="la Tannerie"> la Tannerie</st1:personname> , par la galerie Brasey, pour essayer d’en apprendre d’avantage sur ce réseaux.

    J’espère que de nombreux plongeurs pourront accéder à la galerie profonde du Grd Goul grâce aux techniques actuelles et poursuivre son exploration.


    Le Goul du Pont

    Bourg St Andéol

    Plongée d'exploration par -185m en Bi mCCR Joki

     

    Le Goul du Pont ( photo P. Serret )

     

    Voici plus d’un an que j’attends ce grand jour. Poursuivre l’exploration du Grd Goul, commencée voilà 4 ans plus tôt, en 2002, par la désobstruction de sa trémie d’entrée par notre association des fils d’Ariane, avec l’aide de la société de travaux sous marin : O’CAN, et de plusieurs plongées entre amis, pour porter la profondeur d’exploration à -177m<o:p></o:p>

    Un an de préparation pour mettre au point un système d’injection mécanique pour mes recycleurs mCCR Joki, capable d’atteindre d’importante profondeur, et de réaliser plusieurs plongées d’entraînement avec pour le valider. D’investissements financiers, pour acheter le propulseur Silent Submersion Deep Version, la vanne micrométrique Swagelok pour l’injection d’oxy, l’éclairage, le système de chauffage capable de supporter de forte pression. De conception pour l’utilisation d’une cloche de déco. De temps passer à considérer les moindres détails, et d’attendre le bon créneau pour réaliser une telle plongée<o:p></o:p>

    Pour le pont du 11 novembre 2005, nous espérerions pouvoir tenter cette explo, mais malgré plusieurs messages d’encouragements d’illustres plongeurs, les conditions ne fut pas optimales pour pouvoir prétendre percer les secrets de la galerie profonde du Goul du Pont.<o:p></o:p>

    En février de cette année, la tentative d’une grosse équipe internationale permettra de progresser, que de quelques mètres, dans des conditions difficiles, trouvant un fort courant dans la galerie profonde. La difficulté de cette cavité, étant la distance à parcourir presque à l’horizontal à partir de –120m pour atteindre le point bas désormais porté à –180m, à 570m de l’entrée<o:p></o:p>

    Nous attendions donc, les conditions idéales, qui étaient, une longue journées ensoleillée, fraîche le matin pour s’équiper, et chaude dans la journée pour un bon barbecue autour de la vasque pour toute l'équipe. Une visi importante, et peu de débit sur le Goul de la Tannerie, situé sur la cote NGF, 30cm plus bas. 2 cavités possédant le même bassin versant, et qui communiquent, on ne sais où. Un niveau haut pour avoir au moins –6m dans la cloche. Scaphandrier de profession, je devais ne pas plonger en semaine pour le boulot, pour arriver le jour J, l’organisme complètement désaturé. Tout l’hiver, nous attendions, patiemment, que mère nature nous donne l’autorisation de plonger dans ses entrailles. <o:p></o:p>

    En ce week end de printemps, du 22 et 23 avril, tout fut parfait pour prétendre prolonger nos connaissances de la partie profonde. Je réunissais autour de moi, une équipe de près de 20 plongeurs de notre région RABA, dirigée par Laurent et Josée.<o:p></o:p>

    Le samedi, en fin d’après midi seulement, pour ne pas gêner d'autres plongeurs, Laurent et Josée sont descendus jusqu’à –50m pour installer différents blocs de sécu, tout au long du parcours. Patrick et moi, avons installé à –6m, la cloche de déco. Sur les spits de 12mm posés voilà plus d’un mois à –7,5m, avec l’aide d’une perfo pneumatique 509, prêtée par O’CAN, nous avons posé 2 chaînes, en travers de la galerie à l’aide des gros spits. Josée nous filmera pendant les derniers réglages, et gonflage de la cloche.<o:p></o:p>

    Avant de plonger nous avions récupéré la clé d’accès du parc auprès de la mairie de Bourg St Andéol, et prévenu la gendarmerie de notre venue.<o:p></o:p>

    Nous finirons la soirée au restau, avec des amis d’enfance, devant un copieux repas.<o:p></o:p>

     

    Le jour J est arrivé

    Le dimanche matin, après une courte nuit de sommeil chez ma mère à Pierrelatte, passée à revoir en détail toutes les phases de la plongée, avec Laurent et Josée, nous nous retrouvons tous vers 7h du mat. devant la vasque translucide et calme du grd Goul. Pendant que Laurent réuni tout le monde autour de lui pour un petit briefing, je me prépare doucement. Alain, arrivé la veille, partira le premier à l’eau, pour dégager le passage à –12m, et installer derrière la trémie, mes relais ( deux 2L oxy, 9L Tx14/55, S80 Tx8/80 ) et mon propulseur UV-18 DV pour me permettre de passer, comme « une lettre à la poste » l’étroiture d’entrée. J’utilise aussi une nouvelle config. qui me permet de disposer, autour de moi, mes autres relais ( 3,5L oxy et 3,5L air vêtement ), mes 2 recycleurs autour de mon bi 12 ainsi que mon pack d’accus Métalsub 13Ah pour le chauffage en progression, pour être le plus à plat et le plus hydrodynamique possible. Rien de dépasse, tout est parfaitement compact. <o:p></o:p>

    Durant ma minutieuse préparation, dans la vasque à m’équiper, aidé par tous les copains, Josée descendra faire quelques images pour préparer mon passage.

     

                                 

         Prêt au départ ( Photo Héléne )                                  GO, c'est parti ! ( Photo Josée Bron )

     

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    Les 2 recycleurs en place, l’alimentation en gaz connectée, éclairage, masque et casque sur la tête, me voilà prêt à partir.<o:p></o:p>

    Un dernier signe aux copains, à ma chérie, et me voilà parti, pour une immersion que je prévoie de 11 à 12h. Josée m’attend à –9m pour filmer le passage de l’étroiture. Alain, m’attend dans la galerie pour m’aider à installer les relais, et le propulseur. Entre temps, Josée partira un peu plus loin dans la galerie vers –15m, pour filmer mon départ au scooter, une fois tout équipé.<o:p></o:p>

    Me voilà parti seul, dans les entrailles de la terre, seul le bruit du scooter perce le calme et la quiétude de ce site. Je descend rapidement jusqu’à –50m pour tester mon recycleur redondant, connaissant parfaitement la cavité, avant la zone profonde. Une fois les tests effectués, je poursuis ma descente, tranquillement, pour rester sur un rythme respiratoire calme. La galerie à –80m franchie, je descends dans le grand puits pour arriver à –110m, puis à –120m, pour déposer ma 9L relais et une 2L oxy avec une seconde vanne Kiss en sécu. Nouveau test sur le recycleur redondant, avant de m’engager dans la galerie profonde, avec un relais ventral, la S80 de mélange fond en sécu, et la 2L avec la vanne micrométrique. Avançant au scooter en vitesse 7/9, je progresse rapidement dans la galerie sans trouver aucun courant, gardant une PpO2 autour de 1,4 Bar en injectant l’oxygène, à l’aide du bouton d’injection manuel. Le tarage de ma vanne micro étant réglé pour avoir le bon débit uniquement à la profondeur maxi, autour de 0,9L/mn à –190m. Arrivé à mon ancien terminus, je vérifie la profondeur exacte, atteinte en janvier 2003, de 145m au VR3 au lieu des 153m annoncés avec mon vieille Aladin de 1er génération de l’époque. Je poursuis, au delà, sur la corde bleue de Jérôme Meynié, dans des profondeurs qui me sont désormais inconnues. Vers –162m, la galerie de divise en 2, le gros fil, partant dans un petit puits étroit, alors que la galerie principale, beaucoup plus vaste, part vers la gauche. Je décide de poursuivre par là, voyant que l’actif ne peut venir que de là. 40m plus loin, vers –168m, je retrouve le fil principal, qui descend par cette cheminée, pour continuer tranquillement ma progression dessus. Arrivé à –177m, je retrouve le gros dévidoir de Jérôme, bien calé derrière un becquet rocheux, puis, conformément à son dernier CR, aucun fil n’est posé ensuite. Je décide donc de poursuivre moi aussi sans poser de fil, ayant analysé avec lui et d’autres, les risques encourus d’utiliser un dévidoir à de telle profondeur, sur une si petite distance dans ce type de cavité étroite uniforme et claire.

    -180m, la galerie continue toujours en pente douce, là où personne n’est passé avant moi. Le scooter fonctionne parfaitement, sans faiblir à la pression extérieur d’environ 20 bar, grâce aux modifications apportées au modèle de base, et je continue à progresser rapidement. Ma PpO2 est stable à 1,4 bar sur les 2 cellules de chaque recycleur, mon aisance respiratoire est excellente, aucun signe du SNHP, et mon gilet chauffant Klan, me donne suffisamment de chaleur pour ne ressentir aucun effet refroidissant de l’He. Tout fonctionne donc parfaitement, je peux poursuive mon explo. Environ 20m plus loin, la galerie, d’une dimension estimée de 3x2m, se termine brusquement..........

    Lâchant la poignet du scooter, je suis obligé de poser ma main droite devant moi pour stopper ma vitesse, mais celle ci s’enfonce jusqu’au poignet dans la glaise à la profondeur de –185m. Devant moi, plus rien. Rapide tour d’horizon, à droite, rien non plus, et à gauche la suite…..<o:p></o:p>

    Et quelle suite ! <o:p></o:p>

    Un laminoir de 4m de large, sur 80cm de haut, qui part à l’horizontale, le sol recouvert d’une importante épaisseur de glaise fine et de divers blocs rocheux.<o:p></o:p>

    Comment poursuivre dans ses conditions, à une telle profondeur, la visibilité commençant même à se dégrader par mon arrivée. J’imagine, immédiatement, l’état de la visi au retour, si je m’y étais engagé, alors qu’autour de moi, sans bouger, l’eau commence sérieusement à se troubler<o:p></o:p>

    Pourquoi la cavité continue-t-elle de cette façon alors que rien ne nous y prépare ? A aucun autre endroit, nous ne trouvons la moindre trace de glaise, dans le réseau actif.

    Pourtant, par le courant, rencontré par Jérôme au mois de février, nous montre bien que nous sommes dans l’actif ! <o:p></o:p>

    Il doit y avoir certainement un autre passage, que j’aurais manqué à l’aller, voyant que ce n’est pas une galerie unique.<o:p></o:p>

    Rapide contrôle de la PpO2 toujours remarquablement stable, sur ma vanne micro, et la lecture sur mes 2 VR3 de plus de 540mn de déco avec 1,2 de PpO2. Mince, j’suis pas encore sorti !. J’engage sur la poignée du scooter qui repart aussi sec, sans sourciller. Faut qu’en même pas traîner ici trop longtemps, il reste du chemin à faire pour ressortir, dont 350m pour retourner à –120m<o:p></o:p>

    A –170m, je décide de passer par la cheminée équipée par Jérôme, espérant trouver un autre passage. Mais rien ! Il me reste plus qu’à rentrer.<o:p></o:p>

    Premier palier de 2mn à –130m. J’en profite pour augmenter le débit en tournant manuellement ma vanne, manipulation que j’effectuerai tout au long de la remontée, suivant un tableau de marche controlé sur un banc de test. Je passe maintenant à 1,6 de PpO2 respirée et à 1,4 sur mes VR3, ceux qui me fait tomber ma déco à moins de 500mn. Je vérifierai la profondeur maxi atteinte, redoutant un excès de confiance dû à l’euphorie. Je suis surpris par excellent état de lucidité dans lequel je me trouvais au fond, l’aisance respiratoire sur mes recycleurs et la stabilité de la PpO2. On est encore loin des limites possibles avec ce type de machine, validant une nouvelle fois la profondeur de –185m, profondeur qui ne cesse de progresser en recycleur mCCR

     

                               

     Carnet VR3

     

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    Arrivé à –120m, je récupère les 2 relais sécu, et je poursuis tranquillement ma remonté. Dans le puits qui me ramène dans la galerie à –80m, je prends le temps de réfléchir pendant les paliers, sur ce que j’ai trouvé au fond. C’est pas possible, il y a forcément autre chose ! Et pourquoi pas en haut ? Je n’ai pas regardé ! Pourtant je l’aurais vue en arrivant ? Est il possible que cette glaise trouvée stagne parce que nous avons atteint le point bas ? Ces questions resteront sans réponse, préférant me concentrer sur ma déco. A –80m il était prévu que David m’attende  avec son Joki en sécu au cas où. Mais je suis très en avance, comme d’habitude j’ai pris beaucoup de marge sur mon tableau de marche, David doit être plus haut. Effectivement, je le retrouve à –56m. Nous échangeons les diverses informations sur le profil de ma plongée, pour la gestion de surface et les congratulations habituelles. David connaît parfaitement son travail, pour avoir toujours été mon 1er plongeur de soutien, et comme tout marche à la perfection, il remonte, plaquette à la main, informer toute l’équipe de la situation. A son départ, il me reste « encore » 450mn de déco. Suivra ensuite vers –50m Baptiste 2ème plongeur de soutien, en recycleur mCCR, pour passer du temps avec moi si j’avais eu le moindre problème. Puis arrive un peu plus haut Gaby, avec un tout nouveau type de recycleur mCCR, que nous sommes en train de mettre au point, le GDX 1 ( Gaby-David-Xavier 1 ). A –50m, j’en profite pour récupérer un pack d’accus étanche de 24 Ah qui prendra la suite de mon Métalsub un peu plus haut, au bout de 3h d’utilisation pour mon gilet chauffant. Suivront ensuite, tous les membres de mon équipe, tout au long de ma remontée, les uns après les autres, ne me laissant jamais seul très longtemps, pour communiquer à l’aide d’une ardoise magnétique. Rétrospectivement, j’apprécie le temps que Claude passa avec moi, dans le puits à partir de –30m, car un récent grave accident de voiture après une plongée aux Gouls, au mois de mai, nous privera de sa présence sous l'eau, pour un moment, le temps de sa rééducation.

     

                                          

              Xavier en bi mCCR Joki (Photo E. Champelovier)                  Xavier dans la cloche de déco (Photo Josée Bron)

     

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    Avec patience et résignation, j’effectue mes paliers, tous plus long les uns que les autres, m’alimentant, régulièrement en boisson et éléments liquides. Arrivé enfin à 6m, je vais pouvoir passer au sec, dans la cloche. Je quitte mes 2 recycleurs en les accrochant sur les chaînes tendues par la traction qu’exerce la cloche, pour passer sur un narguilé alimenté en O2 depuis la surface par une B50. Je me débarrasse de mon Bi 12 à 210 bars et de tout mon équipement, pour rentrer dans l’habitat, bien au chaud finir ma déco pour encore 3h30 sous oxy. Par l’interphone, je communique avec la surface pour leur donner mes premières impressions sur ma plongée, et sur ce que j’ai découvert au fond. Quelques mots échangés avec tout le monde, et plus particulièrement avec ma chérie pour lui assurer que tout va bien, pendant que Josée vient faire quelques images dans la cloche. <o:p></o:p>

    Il est plus de 15h et j’ai faim ! J’ai envie de manger quelque chose de plus consistant. Apprenant le barbecue fait en surface, je leur demande de m’envoyer quelques saucisses et merguez chaudes dans une bouteille en plastique, ainsi qu’une canette de Coca bien fraîche. Un repas royal en de telles circonstances, agrémenté par quelques noix de cajoux.<o:p></o:p>

    Ne restant jamais seul très longtemps dans la cloche, par la visite permanente de mes petits camarades, ma déco dans la cloche passe dans un confort fantastique, pour une première fois avec ce type d’outil. La température à l’intérieur monte facilement à 16°C, malgré des rinçages fréquents à l’air toutes les 20 à 30mn, pour évacuer le CO2 de ma respiration, alors que l’eau est à 13°C. Totalement au sec, je suis assis sur un petit banc pour me réhausser, fabriqué dans la semaine, avec quelques tubes en aciers et un peu de soudure. Pendant ce temps, tout mon matériel est remonté en surface, je garde avec moi, une batterie de 30Ah dans un kit, qui me sert, de temps en temps pour le chauffage et de lest sur le dos, pour la remontée finale en surface, avec un baudrier de plombs en plus.<o:p></o:p>

    Au bout de presque 9h de plongée, durée relativement courte pour un tel profil, il est temps de sortir. En surface, tout le monde s’active sur les conseils de Laurent pour ranger l’ensemble du matériel. A une vitesse inférieure à 1m/mn, je remonte doucement, assisté par Jean Claude, guettant le moindre ADD. Une fois en surface, vers 18h, le soleil encore présent, sous les applaudissements de toute mon équipe, je les félicite tous pour leur rigueur et l’excellent travail qu’ils ont accompli. Tout c’est super bien passé, aucun grain de sable n’est venu perturber une mécanique bien huilée, grâce à une préparation rigoureuse.

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    Un peu moins d’une heure après ma sortie, me sentant bien, sans signe d’ADD, assis sur ma chaîne à ne rien faire, sinon, je me fais engueuler par Josée, je demande à Patrick et Philippe de démonter la cloche de déco, et nous finirons de ranger les voitures pour rentrer chez nous, après un repas au restaurant. Après une si belle journée, le goul du pont, n’a toujours pas livré tous ses secrets.

     

                                                                 (photo Thierry du Vieux Campeur)

          Démontage de la cloche par Olivier, Alain, Josée et Yann. Derrière au fond, assis sur une chaîse, je me repose

     

                                               

    Vanne Micrométrique Swagelok

     

    Toute l'équipe présente :<o:p></o:p>

    -         Méniscus Xavier et Hélène : plongeur de pointe        Bi mCCR JOKI à vanne micrométrique

    -         Laurent Bron                                                            mCCR KISS

    -         Josée Aline Bron

    -         Bianzani David                                                         mCCR JOKI<o:p></o:p>

    -         Patrick Serret<o:p></o:p>

    -         Alain Ruet

    -         Gaby Hude                                                              mCCR "DGX1" à débit litre pompier

    -         Baptiste Bénédittini                                                 mCCR             à débit litre pompier

    -         Jean Claude Pinna avec Brigitte                               mCCR big JOKI

    -         Yves Billaud avec sa fille Sophie

    -         Pierre Mercier Guyon

    -         Claude Bénistand

    -         Ciriani Olivier et Thierry du Vieux Campeur

    -         Maxime de Gianpietro                                              en recycleur

    -         Magrit Hohl

    -         Philippe Briols avec Ghislaine et Monique Cester

    -         Yann Deschmaeker avec sa petite famille

    -         Yann ( Bubble Diving Grenoble )<o:p></o:p>

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    Sans oublier :<o:p></o:p>

    -         Jean Pierre Stéfanato pour la cloche de déco : Première déco dans une cloche, un confort fantastique.

    -         Laurent Bron pour sa gestion de surface

    -         Josée Bron : vidéo sous marine et montage DVD

    -         Patrick Serret : photographe et plongeur

    -    Alain Ruet : Barbecue et désobstruction

    -         David et Fréd Badier pour m’avoir prêté leur VR3 modèle "Pyle stop" :

    o       Conservatisme 20%

    o       PpO2 programmées 1,2 progression et 1,4 en déco

    o       PpO2 respirées : 1,4 en progression, et 1,6 en déco

    o       Gaz utilisée : Bi 12 Tx 7,5/81 + relais S80 Tx8/80

    -         AIRTESS et Fréd Badier pour la conception des recycleurs mCCR Joki. Le confort respiratoire et la souplesse, à –185m, étaient parfait.

    -         AIRTESS pour les éclairages : lampe à LEDS 1W, Phare HID 10W avec pack accus 13AH, phare halogène Dichro 7 gold 45W équivalent 75W avec pack accus 8Ah

    -         AIRTESS : Pack batterie 24Ah posé à –50m

    -         Métalsub : pack accus 13Ah pour chauffage en progression dès –120m

    -         Silent Submersion : le scooter UV18 Deep Version n’a absolument pas souffert de la pression et tournait parfaitement à la profondeur de –185m, ce qui m’a permis de progresser très rapidement.

    -         Topstar : Mon bon vieux volume TP4 pro a parfaitement tenu son rôle, malgré les nombreuses grosses plongées réalisées ces dernière années.

    -         La mairie de Bourg St Andéol pour nous avoir prêté la clé d’accès

    -         La gendarmerie de Bourg St Andéol auprès desquels nous nous sommes enregistrés pour plonger

    -     O'CAN : société de travaux sous marins. Perfo pneumatique modèle 509 pour planter les spits de 12mm pour la cloche

    - Carole et Eric avec leur enfant, mes amis d'enfance, venus me faire un petit coucou et prendre de mes nouvelles à ma sortie

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    Un grand MERCI à tous.<o:p></o:p>

    Je pense que nous avons passé tous ensemble, une excellente journée, faite de bonne humeur et de chaleur humaine.

     

    Mon analyse de la plongée :

            - Après examen de ma plongée, la technique du dévidoir perdu ( laissé au fond ) me semble la solution à adopter pour la prochaine fois, plutôt que d'avancer sans fil. Elle permettrait aux suivants, de poursuivre l'exploration sans reprendre l'équipement, et d'améliorer la sécurité compte tenu de la glaise accumulée au fond.

            - Le contrôle manuel de la PpO2 par la vanne micrométrique utilisée jusqu'à -15m, ne pose aucun problème et autorise un accés à des profondeurs encore plus importantes.

     

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    <o:p></o:p>

    Nous reviendrons aux Gouls de Tourne très prochainement, pour poursuivre la désobstruction, car la trémie se referme doucement, puis nettoyer et prolonger la topographie profonde du grd Goul. <o:p></o:p>

    Maintenant, que nous pouvons travailler à grande profondeur avec nos recycleurs nous pouvons poursuivre l’explo du Goul de la Tannerie, par la galerie Brasey, pour essayer d’en apprendre davantage sur ce réseau.<o:p></o:p>

    J’espère que de nombreux plongeurs pourront accéder à la galerie profonde du Grd Goul grâce aux techniques actuelles et poursuivre son exploration.

     

    Méniscus Xavier

     

    CR : Xavier Méniscus

    Correction : Josée et Laurent Bron

     

    [    Les photos de cette belle journée    Z

     

    Bientôt disponible, les photos de la cloche et mon départ au propulseur sous l'eau


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